Gwenaël Billaud : FLASH GLAM TRASH

Vernissage Jeudi 3 décembre à 18h

Exposition du vendredi 4 décembre au samedi 16 janvier 2010



Raconteur d’histoire pluridisciplinaire, sa narration s’articule autour d’obsessions : film d’horreur, musique ringarde, série b, violence et hémoglobine… L’artificiel, le superficiel, le culte de l’apparence sont en ligne de mire dans un esprit pop/punk glam : la branchitude et ses codes sont détournés. Gwenaël Billaud travaille par amalgame, compilation. Une navette opère un va-et-vient de la mort à la vie : les tueurs en série (qui ôtent la vie), les condamnés à mort (qui sont dans l’attente d’une mort programmée) et les morts vivants et autres zombies (qui quant à eux « jouent les prolongations »[1]).
 
L’œuvre de Gwenaël Billaud met en place un mécanisme d’attraction et de répulsion car il fait la démonstration de la création du mythe : les grands criminels sont traités en Dieux démoniaques par les journalistes, policiers et romanciers comme le précise Denis Duclos[2]. Il y ajoute des icônes de la mode et de la musique telles que David Bowie ou Kate Moss en un maelström de références créant une fiction infâme et informe, une sorte de « mise en scène des plaisirs horribles »[3].
Il érotise ainsi la mort, mais « le cadavre est le comble de l’abjection, il est la mort infestant la vie »[4]. Ce qui est abject est : « ce qui perturbe une identité, un système, un ordre »[5], c’est sur ce point que s’articule l’ensemble du travail de Gwenaël Billaud tant en peinture, installation que performance.Y.P

[1] Paul Ardenne, L’image corps, Paris, éditions du regard, 2001, p.403
[2] Denis Duclos , Le complexe du loup-garou – la fascination de la violence dans la culture américaine, Paris, La Découverte, 2005, p.39
[3] Denis Duclos, op. cit., p.22
[4] Julia Kristeva, Pouvoirs de l’horreur, Essai sur l’abjection, Paris, Points, 1983, p.11
[5] ibid. p.12

Richard Tronson : Dilution Minimale

Vernissage Jeudi 5 novembre à 18h

Exposition du vendredi 6 au samedi 28 novembre 2009

Breath 1, dessin numérique sur papier gravure, 50 x 40 cm, 2008



L’imaginaire de Richard Tronson, de prime abord, penche pour l’insolite, l’inexplicable, le bizarre. Tout en effet, ici, n’est pas dit, l’explication se présentant de manière ostensible comme déficitaire.

… regardons-les donc, ces images toutes tissées d’insolite, ne serait-ce que pour vérifier ceci : toutes mettent en scène une contradiction interne. Entre les gestes ou les attitudes des protagonistes photographiés, par exemple, qui semblent toujours loin des nôtres, à rebrousse-poil de nos attitudes stéréotypées. On songe d’ailleurs fréquemment à un univers de fous, d’êtres bizarres, somnambuliques, arrachés à la logique des conduites ordinaires (ce qu’accentue d’ailleurs le fait que nombre de photographies élisent pour cadre l’hôpital). Autre contradiction interne : le contredit visuel entre un univers toujours repéré où s’ébattent les personnages, qu’il s’agisse de l’hôpital, de la maison bourgeoise ou d’arrière-salles, et la position qu’y adoptent ces personnages mêmes, de manière invariable en rupture. Autre contradiction enfin, d’ordre esthétique celle-ci : la parfaite lisibilité de l’image en termes plastiques n’a d’égale que l’imparfaite appréciation de l’action qui s’y trame. Écart évidemment calculé par l’artiste, et venant marquer la limite entre la cohérence propre au monde de l’image et l’incohérence qui préside à sa perception. Paul Ardenne

Rodolphe Delaunay : Mesure pour mesure
Vernissage le jeudi 1er octobre à 18h
 Exposition du vendredi 2 octobre au jeudi 29 octobre 2009.

Rodolphe Delaunay est né en 1984, il vit et travaille à Paris.

Le titre de l’exposition de Rodolphe fait écho à la pièce de Shakespeare, pièce inclassable dont l’histoire s’articule autour de notion d’ambivalence et de contradiction.

 Rodolphe Delaunay est un raconteur d’histoire, c’est par son attention particulière, sa capacité à « prélever dans les plis du réel » qu’il est déclencheur de fiction. Proche de l’idée de mysticisme dans la possibilité de révélation, Rodolphe capte des signaux qu’il interprète ensuite et qui par l’opération de déplacement permet une relecture du réel. Ainsi, il met en évidence l’indicible de par sa disposition particulière, sa capacité à appréhender les signes, qu’il brouille ensuite pour créer des récits laissant planer le doute et ne se livrant que sous certaines conditions (angle de vue, temporalité, titre…).

Promenade au clair de lune est une installation réalisée en 2009, se composant d’un 33 tours d’une sonate de Beethoven (sonate n° 14 Op. 27, n° 2 dite au clair de lune), et d’un moteur de télescope. Le disque tourne à la vitesse vertigineuse d’un tour par jour, il n’est donc pas possible de percevoir le mouvement de rotation, de plus aucun son n’est perceptible. Une autre installation intitulée De la terre à la lune et retour, par un jeu de miroir, nous présente la couverture du livre de Jules Verne  portant le même titre, mais inversé. L’artiste nous permet donc un voyage lunaire et surtout nous propose d’en revenir. Rodolphe Delaunay manipule donc un ensemble de signes qui dans un contexte habituel ont une ou plusieurs significations formant notre champs de connaissance. C’est cette connaissance que l’artiste bouscule en instillant des éléments parasitant ; il déplace ainsi la certitude du spectateur vers une plus faible probabilité de lecture et donc de compréhension. Le hasard est une donnée importante dans l’approche du travail de cet artiste puisque la rencontre avec ces signes se fait de manière fortuite. L’ œuvre Sans  titre 2009, est une impression d’un document scanné dans un livre d’histoire de l’Art. Il s’agit d’un double page reproduisant deux tableaux de Vermeer. Le hasard du mise en page crée un lien supplémentaire. Le personnage du tableau de droite, un géographe regardant par la fenêtre, se retrouve finalement en train d’observer le dos d’une jeune femme en bleu. Par extrapolation, un lien amoureux se tisse entre ces deux personnages qui n’en n’ont en réalité aucun. Rodolphe Delaunay, tel un collectionneur, accumule une somme d’images mais aussi de savoirs qu’il détourne ensuite, lui permettant de remettre en question les systèmes de référencement. Ce savoir n’est plus alors qu’un matériau que l’artiste travaille en toute liberté pour y insuffler poésie et récit. Les œuvres résultants de ce travail sont des sortes de reflets , d’échos de ce qui existe déjà mais ayant fait l’objet de distorsions.

Yann Perol


La rentrée de The Window 41
Adrien Vescovi : Be quiet and go
Vernissage le jeudi 3 septembre à 18h
Exposition jusqu’au samedi 26 septembre 2009

Artiste pluridisciplinaire, Adrien Vescovi opère en termes de glissement et de détournement; non sans humour, il crée un univers empreint de poésie où l’absurde domine. La plupart de ses œuvres s’élaborent en sorte d’énigme articulée autour de « micro-événements ». Il faut pour le spectateur reconstituer mentalement le processus d’appropriation de l’artiste pour que l’œuvre livre tout son sens. Adrien Vescovi rejoue et se joue de la réalité, il met en place des jeux d’image mais aussi de langage. L’aspect ludique est déterminant même si les propositions de l’artiste peuvent avoir une teneur dramatique ou grave.

Le titre de l’exposition fait référence au film de Jim Jarmusch intitulé Dead Man. Cette réplique du film est une sorte de défi que l’indien Nobody lance à Blake le héros du film. Il s’agit pour l’artiste d’un moment trouble ou le doute s’installe, la question est de savoir s’il aura le courage de relever le défi ou non ; question que l’artiste se renvoie à lui-même. Il imagine cette exposition comme une sorte d’univers imaginaire ou l’ensemble des œuvres crée une narration, une fiction dans laquelle le spectateur se perd.


PROGRAMMATION de mars à juillet 2009

WINDOW ressort de ses gonds !!!

OUVERTURE LE JEUDI 5 MARS 2009.

Après une période d'intense activité entre 2000 et 2002, avec entre autre, la participation d'artistes tels que Philippe Ramette, Pascal Lièvre ou encore Tsuneko Taniuchi, the window réouvre, toujours à l'initiative de Catherine Baÿ.

Elle collabore pour la nouvelle programmation avec Charlotte Batifol et Yann Perol, et invite ainsi les artistes à se pencher sur la notion de galerie.

En effet, the window 41 ne se positionne pas seulement en tant que galerie mais comme un lieu hybride où des projets spécifiques seront accueillis. C'est donc bien plus la notion de production qui sera au cœur de cette programmation. A l'issue de cette expérience des travaux seront réalisées in situ répondant aux demandes de l'artiste et de la structure d'accueil. Proche de l'idée de résidence, les différentes propositions se feront en concertation entre l'équipe de the window et les artistes.

Le cycle d'exposition intitulé « finger in my … » propose donc une programmation libérée des contraintes d'une galerie traditionnelle sans pour autant se revendiquer comme appartenant au champ institutionnel.

Ici il s'agira de mettre en avant les projets d'artistes jeunes ou confirmés ayant une volonté de transgression des idées reçues sur l'art contemporain. Pluridisciplinaire et transgenre, ce programme fera la démonstration de la vitalité et du dynamisme de l'art actuel. Avec une attention particulière pour des projets engagés qui ne sont malheureusement pas mis à l'honneur dans le champ institutionnel ni sur le marché de l'art.
Les expositions se chevaucheront parfois, mettant ainsi en place l'idée de parasitage et surtout de confrontation et complémentarité des projets.

Olivier Leroi est le demoiseau d'honneur qui ouvrira le bal, suivi de près par Loïc Connanski, Eve Bailey et Thierry Joseph. S'en suivront Michaël Sellam et Grégoire Bergeret puis Vanessa Fanuele et Adrien Vescovi.

Ant Hampton : C'est ici que tout se passe

Vernissage le vendredi 3 juillet à 18h
Exposition du samedi 4 juillet au samedi 25 juillet 2009.

Ant Hampton - C'est Ici Que Tout Se Passe (Everything Happens Here)
Conception / réalisation : Ant Hampton
Caméra : Britt Hatzius.

Ecrivain, metteur en scène et fondateur du groupe Rotozaza, Ant Hampton a créé pour The Window 41 des « Interventions Imaginaires » : scénarii performatifs, spectacles pour paysages urbains et ruraux en France et en Italie. Les différents scénarii écrits par Ant Hampton sont ensuite lus deux fois aux personnes qui vont être filmées : un habitant, ou quelqu' un travaillant dans l'espace en question. Après une pause de 30 secondes Ant Hampton commence à filmer. Le sujet devra répéter de mémoire « ce qui se passe ».

Les séquences accordent au spectateur des interprétations multiples des différents scénarii : les versions glissent entre les temps passé, présent et conditionnel. Les personnes filmées s’engagent devant la caméra avec un enthousiasme variant, se souvenant de certains détails, ou pas. Ils construisent un réseau de relations, en renégociation permanente, entre le public, l'oeil de la caméra, les voix, l'artiste, le sujet, la mémoire, le langage, le temps, le paysage et un scénario imaginé.


Finger in my mirror Vanessa Fanuele & Faye Formisano

Vernissage le jeudi 11 juin 2009 à 18h
Exposition jusqu' au 30 juin 2009

   Inside, détail, technique mixte sur papier, 150 x 256 cm, 2009.

Finger in my mirror :
Vanessa Fanuele invite Faye Formisano
Exposition jusqu'au 30 juin

"Puisque ces mystères me dépassent, feignons d'en être l'organisateur". Jean Cocteau

Une maille tentaculaire géante suspendue derrière une vitrine de 5 m de haut avale le spectateur à l'intérieur, plongé dans l'envers, le dedans, l' autre coté. Des dessins et objets étranges tels des indices hybrides et énigmatiques semblent être pris dans les rets de cette structure textile complexe. Le spectateur pénètre alors dans les limbes d'un autre monde. Faye Formisano et Vanessa Fanuele dessinent sur des supports différents, pour l'une le textile, pour l'autre le papier. Deux univers poétiques tissent des liens à l'espace Window41 pour créer une installation fantasmagorique inspirée des profondeurs insondables de notre "autre côté".   Vanessa Fanuele